DE LA CRAU

Rock occitan


De l’enfer industriel de Fos-sur-Mer à la rive arlésienne du Rhône, La Crau, dernière steppe d’Europe occidentale, fait le lit du réel.
 

photo du groupe De La Crau sur scène

Des amas de rocaille, cette ancienne mer abandonnée en a roulé et en roule encore dans la furie du vent, et une voiture qui traverserait de part en part ce petit désert filerait droit sur des dizaines de kilomètres, dans des paysages qu’un Hopper ou un Walker Evans auraient rendus américains sans effort.

C’est sur les fonds de cette mer bordée d’usines, assoupie dans la sobriété de son déploiement immense, que les trois musiciens de De La Crau ont imaginé la bande-son de leur périple.

Ils sont partis d’un chant qui éventre les cieux, auquel répondent en puissance et en poésie la contrebasse, les percussions et le déchaînement extatique de la mandole.

Dans cette étendue post-industrielle, Lou Reed croise enfin Matar Muhammad, et c’est là qu’on imagine leur rencontre, sous la plume d’un Samuel Karpiénia inspiré comme jamais, emmené à son apogée par l’archet sombre et vigoureux de Manu Reymond et le set coloré de Thomas Lippens.

Ils explorent à présent un sillon creusé il y a vingt ans non loin des usines, comme une plaie qu’ils continueraient de soigner pour l’éternité, et que le chant et la mandole ne parviendraient à apaiser que dans l’amplitude âpre de ces horizons.
 

Avec


Sam Karpienia

Chant & mandole


Sam Karpiénia est un chanteur, compositeur et joueur de mandole ayant grandi à Port-de-Bouc dans les Bouches-du-Rhône. De Kanjar'oc à Gacha Empega, en passant par Dupain et Fòrabandit, il a transfiguré la musique marseillaise, lui insufflant une intensité poétique, lui offrant une voix unique. Son chant renvoie à l’ivresse du rebetiko comme à la fièvre flamenco ou bien sûr à l’insolence joyeuse de cette nouvelle chanson provençale dont il est un pilier. Mais l’occitan affirmé se souvient de l’Occident et l’énergie de sa musique se rapproche de celle du rock. Sa musique est donc d’inspiration traditionnelle mais résolument tournée vers la création contemporaine. Il s’est nourri depuis une dizaine d’années du chant traditionnel occitan qu’il a réinventé dans différents projets et albums, aujourd’hui une mandole électrique à la main.

 

Manu Reymond

Contrebasse


Emmanuel commence la basse électrique à 14 ans en autodidacte et entre au conservatoire d’Aix-en-Provence en 1997, dans la classe de jazz de Jean-François Bonnel et en contrebasse classique dans la classe de Francis Laforge. Il obtiendra la médaille d'or en jazz à l'unanimité et le certificat de fin d'étude en contrebasse classique et musique de chambre. Il travaillera aussi la contrebasse avec Pierre Michelot, Pierre Boussaguet, François Méchali et Michel Zenino.
Quelques collaborations artistiques : Poum tchack / Dupain / Babx (hommage à Prévert et Doisneau dans lequel il accompagnera André Minvielle, Thomas Fersen," L" aa Raphaelle; Lanadere ,Thomas de Pourkery, Albin de la Simone, Camelia Jordana, Maissiah. Il a également joué avec : Natalia M King / Karim Tobbi / Jean-François Bonnel / Claude Sarragossa / Rit / Lionel Achenza / Compagnie la Part du Pauvre / Daniel Huck / Sarah Olivier.

 

Thomas Lippens

Percussions


Basé à Marseille, Thomas Lippens est tamborinaïre, percussionniste et batteur, il construit et invente ses propres instruments. À partir des tambours sur cadre italiens, il développe un jeu personnel ainsi qu’une recherche de sonorités nouvelles, à la croisée des traditions méditerranéennes. En 2010 il crée son atelier de lutherie, Tambor de Masca, avec lequel il met au point une gamme de tambours sur cadre artisanaux.
Empreint de musique occitane et italienne, il chemine autant dans le répertoire des musiques traditionnelles ; il joue notamment avec le groupe de bal napolitain Gli Ermafroditi, la chanteuse sicilienne Maura Guerrera, la chanteuse corse Jacky Micaelli, le Pierlau Bertolino trio et la Kreiz Breizh Akademi 5 en Bretagne, sous la direction artistique d’Erik Marchand. Il enregistre et collabore aussi à plusieurs projets de musique improvisée, avec sa batterie préparée, laboratoire d’expérimentations sur le son, les timbres, les couleurs, le bruit.

 

Pour en savoir plus :

https://www.youtube.com/channel/UC10wXVMpBPq04KeF6oR0uzA
Bestiari : https://www.youtube.com/watch?v=6-Iw2AvH8lw&t=72s
Tot es van : https://www.youtube.com/watch?v=3P6xVayQ6UA
Tant Corageos : https://www.youtube.com/watch?v=vHo_gGo4ouY